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Ce langage n’ est pas neutre. Il a été conçu, peaufiné, testé par des armées et des communicants politiques depuis des décennies. Et lorsque les journalistes le reprennent sans guillemets, sans distance, sans question, ils deviennent, qu’ ils le veuillent ou non, des relais de propagande.
« La guerre a toujours été racontée par ceux qui la gagnent. Ce qui est nouveau, c’ est que nous ne nous en rendons plus compte. »
Deux Poids, Deux Morts
Il y a un autre malaise, plus profond encore. Regardez comment les morts sont comptés selon leur origine.
Flashmag! Issue 173 June 2026
Quand un soldat américain ou français tombe, on connaît son prénom, son âge, sa ville natale, la photo de son mariage. On interviewe sa mère. On diffuse l’ hommage de ses camarades. Sa mort est une tragédie nationale.
Quand mille civils yéménites périssent sous des bombardements— auxquels participent des avions et des munitions vendus par des pays occidentaux— on lit une dépêche de douze lignes, souvent en bas de page.“ Un bilan provisoire fait état de plusieurs dizaines de morts.” Provisoire. Plusieurs dizaines. Comme si leur mort était encore en cours de vérification, comme si elle méritait moins de certitude.
Cette hiérarchie des vies n’ est pas anodine. Elle dit quelque chose de notre rapport au monde, de notre capacité— ou de notre refus— à considérer toute vie humaine comme également précieuse.
Chiffre à retenir: Selon une étude de l’ Université de Cardiff, lors de la couverture de la guerre en Irak, les médias britanniques ont consacré en moyenne cinq fois plus de temps aux opérations militaires qu’ aux victimes civiles. Pour les victimes irakiennes, le temps de couverture moyen par mort était quarante fois inférieur à celui accordé à chaque soldat allié tué.
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