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Chaque success story, examinée d’ assez près, révèle presque toujours un point de contact: un professeur qui a cru en l’ élève et l’ a présenté à quelqu’ un, un oncle bien placé qui a passé un coup de fil, une rencontre providentielle lors d’ un dîner mondain, un carnet d’ adresses hérité plutôt que patiemment construit depuis zéro.
Ce que cela signifie vraiment
Cette réalité ne doit pas conduire au cynisme ni au fatalisme. Elle doit plutôt nous inviter à une forme d’ honnêteté intellectuelle, rare mais salutaire. Reconnaître que le mérite seul ne suffit presque jamais, c’ est aussi reconnaître la responsabilité collective qui pèse sur nos sociétés: celle de multiplier les points d’ entrée, les bourses, les réseaux de mentorat, les dispositifs qui viennent compenser l’ absence de ce fameux“ coup de pouce” initial pour ceux qui n’ en héritent pas naturellement.
Car au fond, la véritable question n’ est pas de savoir si les réseaux et les connexions existent— ils existeront toujours, dans toute société humaine, aussi égalitaire se prétende-t-elle. La vraie question est de savoir si nos démocraties se donnent les moyens de démocratiser, précisément, l’ accès à ces réseaux. De transformer le hasard des rencontres en systèmes reproductibles, ouverts, accessibles à ceux qui n’ ont pas eu la chance de naître du bon côté du carnet d’ adresses.
Flashmag! Edition 177 Octobre 2026
Faute de quoi, la méritocratie restera ce qu’ elle est trop souvent aujourd’ hui: une aristocratie qui a simplement changé de vocabulaire, troqué les titres de noblesse contre des diplômes de grandes écoles, les châteaux contre les quartiers résidentiels, mais qui continue, au fond, à se transmettre de la même manière qu’ au temps des rois— de main en main, de génération en génération, presque jamais depuis le néant.
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