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« Je l’ ai vraiment connu plus tard, sur le tournage de The Wiz », a-t-il confié dans un entretien resté gravé dans la mémoire collective des passionnés de soul. C’ est là qu’ est né le surnom qui allait coller à Michael toute sa vie: Jones l’ appelait « Smelly »— le puant— parce que le jeune homme, trop timide pour dire le mot « funky », préférait dire « smelly jelly ». Une pudeur d’ enfant chez un garçon déjà mondialement célèbre.
Flashmag! Issue 174 July 2026
Car c’ est bien là le paradoxe originel de Michael Jackson: il n’ a jamais eu d’ enfance, et il a passé le reste de sa vie à essayer d’ en retrouver une. Le parc d’ attractions privé de Neverland, les animaux exotiques, les pyjama parties avec des enfants qui n’ étaient pas les siens— tout cela, ses défenseurs l’ ont lu comme la tentative pathétique et touchante d’ un homme de récupérer ce qui lui avait été volé. Ses détracteurs y ont vu, eux, les prémices d’ un système de prédation soigneusement orchestré. Les deux lectures coexistent depuis plus de trente ans, sans qu’ aucune ne l’ emporte jamais totalement sur l’ autre.
La fabrique du « Roi de la Pop »
En 1979, Michael a vingt ans. Il publie Off the Wall, son premier album véritablement adulte, produit par Quincy Jones. Le disque devient le premier album solo de l’ histoire à placer quatre singles dans le top 10 américain. Mais selon Jones luimême, personne, à l’ époque, n’ imaginait l’ ampleur de ce qui allait suivre. « Comme tout le monde, je vais toujours en studio avec l’ intention de faire un disque numéro un, mais quiconque vous dit qu’ il savait à l’ avance qu’ un disque allait devenir un tube est un menteur », expliquait-il des décennies plus tard, évoquant la genèse de Thriller. « Il faut laisser de la place pour que Dieu entre dans la pièce. »
Cette place, Dieu— ou le hasard, ou le génie buté d’ un jeune homme de vingt-quatre ans— l’ a prise en 1982. Thriller sort en pleine récession économique américaine, au moment où l’ industrie du disque elle-même se demande si elle va survivre. Quincy Jones racontera qu’ il a écouté plus de huit cents chansons avant de retenir les neuf morceaux de l’ album.
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