29
Le Silence de la forêt( 2003) et Gouverneurs de la Rosée( 2018)
Chaque film portait la même exigence: raconter l’ Afrique avec dignité, sans condescendance, sans regard extérieur imposé. Avec Le Silence de la forêt, co-réalisé avec le Centrafricain Didier Ouénangaré, et avec Gouverneurs de la Rosée— adaptation du roman de Jacques Roumain— il poursuit cette quête d’ une narration panafricaine, traversant les frontières linguistiques et géographiques du continent.
La lucidité d’ un artiste sur son époque
Bassek Ba Kobhio ne mâchait pas ses mots sur les contradictions structurelles du cinéma africain. Il dénonçait avec précision le piège des financements extérieurs: « En termes de création de nouvelles écritures cinématographiques, nous n’ avons pas beaucoup avancé, du fait que nous étions consciemment ou non, amenés à faire des films bâtards du fait de financements extérieurs qui mettaient parfois en second plan l’ intérêt de notre public au profit de celui des bailleurs de fonds. » Sur la critique, il appelait à une souveraineté du regard: « Les critiques africains doivent apprécier nos œuvres de l’ intérieur, pour contrebalancer une influence pas toujours positive de l’ analyse de nos œuvres vues par des regards et des sensibilités extérieurs. Les critiques japonais et français ne voient pas de la même manière un film français. » Et sur le rôle des festivals, il était philosophique: « Le Fespaco a incontestablement participé au développement du cinéma en Afrique noire. Le rendez-vous biennal de Ouagadougou est comme une ligne d’ horizon vers laquelle tendent tous les efforts. Le nombre de films produits sur le continent serait réduit au moins de moitié si le Fespaco n’ existait pas. »
Flashmag! Edition 173 Juin 2026
Joséphine Baker dans son uniforme de l’ Armée de l’ air française
29