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Malgré ces tempêtes, son organisation survécut et la génération qu’ il inspira— dont Barack Obama— poursuivit le combat.
Le retour conservateur
Les dernières années de Jackson coïncidèrent avec un recul des politiques issues du mouvement des droits civiques. Sous la nouvelle administration de Donald Trump, les programmes fédéraux de diversité sont démantelés et la jurisprudence limite encore la portée du Voting Rights Act. Le discours dominant invoque « mérite » et « neutralité raciale »— des principes abstraits que Jackson qualifiait de « nouvelle nullification » car ils servent à freiner la justice raciale concrète. La communauté noire elle-même reste traversée par des divergences idéologiques, certains conservateurs estimant que l’ égalité formelle est acquise et que le reste releve de la responsabilité individuelle. Diaspora et isolement
Jackson tenta toute sa vie de relier la lutte afro-américaine aux combats de la diaspora. Il voyait dans l’ exceptionnalisme américain un risque d’ isolement stratégique. Sa vision— inspirée de figures comme W. E. B. Du Bois et Paul Robeson— voulait inscrire la liberté noire américaine dans un horizon mondial. Le dernier silence
En 2025, sa famille annonça qu’ il souffrait non de Parkinson mais d’ une paralysie supranucléaire progressive, maladie neurologique rare. Affaibli, privé de sa voix de prédicateur, il continua d’ apparaître publiquement, notamment sur le pont Edmund Pettus à Selma pour le 60e anniversaire du Bloody Sunday. Il s’ éteignit le 17 février 2026 à Chicago, à 84 ans. Les hommages affluèrent de tout le spectre politique. Son héritage demeure contrasté: bâtisseur d’ espoir et de coalitions pour les uns, tribun charismatique mais institutionnellement fragile pour les autres.
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Il laissa pourtant une certitude: le pouvoir politique noir aux États-Unis était réel, organisé et incontournable.
Son message tenait en une ligne: « Si mon esprit peut le concevoir et mon cœur y croire, alors je peux l’ accomplir. »
Jackson apparaît à la Convention nationale démocrate avec le révérend Al Sharpton, à gauche, et deux de ses fils, Jonathan Jackson et Yusef DuBois Jackson, en août 2024. Andrew Harnik / Getty Images
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