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Flashmag! Issue 170 March 2026
C’ est ce pays— ce pays qui avait osé nationaliser son pétrole, scolariser ses enfants et construire des hôpitaux publics— que les États-Unis envahissent en 2003. La justification officielle? Des armes de destruction massive qui n’ ont jamais été trouvées. La réalité économique? L’ invasion américaine permit de mettre fin à la nationalisation pétrolière mise en place en 1972, ouvrant le secteur aux compagnies étrangères. Des entreprises américaines comme Halliburton s’ implantèrent durablement dans le pays. La Syrie du Baas de Damas portait le même projet. Avant de sombrer dans la dictature sanglante d’ Assad père puis fils, la Syrie baasiste avait nationalisé ses industries, construit une éducation publique parmi les plus avancées du monde arabe, émancipé les femmes dans l’ espace public. Ni les crimes du régime Assad ni l’ intervention étrangère n’ ont épargné ce que ce socialisme arabe avait construit. Quant à la Libye de Kadhafi: l’ homme était brutal, imprévisible, autoritaire. Mais avant les bombes de l’ OTAN en 2011, la Libye possédait l’ indice de développement humain le plus élevé d’ Afrique. Éducation gratuite. Soins gratuits. Logement garanti. Et surtout: Kadhafi finançait des mouvements de libération à travers tout le continent africain. Il rêvait d’ une monnaie panafricaine adossée à l’ or pour briser la dépendance au dollar. Après l’ intervention de l’ OTAN, la Libye est devenue un marché aux esclaves à ciel ouvert.
La bombe atomique du dollar: tuer sans tirer
Comprenons bien la mécanique du pouvoir américain au XXIe siècle. La guerre ne se livre plus seulement avec des bombes. Elle se livre avec le dollar. En 2000, Saddam Hussein avait décidé de facturer son pétrole en euros, malgré la réticence des États- Unis et du Royaume-Uni. Des politologues comme William Clark, de la Johns Hopkins University, y ont vu l’ une des motivations de l’ invasion militaire. L’ alarme s’ était déclenchée à Washington, la question étant: qui sera le prochain? Déjà, la Jordanie s’ était mise à traiter le brut avec l’ Irak en euros. L’ Iran avait manifesté son intention de suivre le mouvement, de même que l’ Algérie et la Libye.

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