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Chili, 1973. Salvador Allende est démocratiquement élu avec un programme socialiste. Un coup d’ État orchestré avec la CIA le renverse. Il est assassiné. La junte de Pinochet fait 3 500 morts officiels et 30 000 victimes de torture. Nicaragua. Les sandinistes gouvernent avec un programme de gauche. Washington finance les Contras. En 1986, la Cour internationale de justice condamne les États-Unis pour“ usage illégal de la force”. Washington ignore le verdict. Vietnam. Corée. Angola. Mozambique. Congo. La liste continue. Et chaque fois, derrière le vocabulaire de la démocratie et de la liberté, se profile la même logique froide: écraser toute alternative économique à l’ ordre capitaliste américain.
Flashmag! Issue 170 March 2026
Le Parti des Panthères Noires: la guerre chez soi
Ce que peu de gens savent, c’ est que cette guerre n’ a jamais eu besoin de traverser un océan pour s’ exercer. Elle s’ est livrée aussi à l’ intérieur même des États-Unis, contre les Américains qui osaient penser autrement. En octobre 1966, à Oakland en Californie, Huey P. Newton et Bobby Seale fondent le Black Panther Party for Self-Defense. Le parti pratique la défense armée des communautés minoritaires contre le gouvernement américain, et lutte pour l’ établissement d’ un socialisme révolutionnaire à travers l’ organisation de masse et des programmes communautaires. Les objectifs du parti sont clairs: nourrir, soigner, éduquer. Fred Hampton, jeune leader de Chicago, lance les petits-déjeuners gratuits pour les enfants noirs— 30 000 enfants en bénéficient bientôt. Des cliniques médicales. Des écoles communautaires. Des programmes juridiques pour les plus démunis. Un programme social qui embarrasse profondément le gouvernement fédéral en montrant ce que l’ État américain refuse d’ accomplir pour ses citoyens noirs.
La réponse est immédiate et brutale. En 1969, J. Edgar Hoover, directeur du FBI, décrit le parti comme“ la plus grande menace pour la sécurité intérieure du pays” et sabote le parti via un programme illégal et secret de contre-espionnage— le COINTELPRO— fait de surveillance, d’ infiltration, de parjure et de harcèlement policier, conçu pour miner et criminaliser le parti.
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