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Une autre cousine lui parla de son projet de boutique. Elle n’ avait ni étude de marché ni budget précis, mais elle savait combien elle voulait que Michel investisse. Un ami d’ enfance lui demanda de téléphoner à quelqu’ un « de bien placé » pour son fils.
Puis vint Samuel.
Samuel avait vingt-six ans. Contrairement aux autres, il ne demanda pas d’ argent.
— Comment tu as fait?
Michel sourit.— Comment j’ ai fait quoi?
— Pour passer de là où nous avons grandi à ce que tu fais aujourd’ hui. Quels diplômes? Quels logiciels? Comment tu as trouvé tes premiers clients? Comment tu fixais tes prix? Quelles erreurs tu as faites?
Pour la première fois de la soirée, Michel sembla légèrement mal à l’ aise.
Il répondit vaguement.— Tu sais, chacun a son parcours. Il faut travailler. Samuel insista.
— Je veux justement travailler. Je voudrais apprendre ton métier.
Flashmag! Edition 176 Septembre 2026
Michel changea de sujet.
Quelques mois plus tard, Samuel apprit par une connaissance que Michel recrutait un jeune consultant. Il envoya son CV. Il n’ eut jamais de réponse.
Ce qui est intéressant dans cette histoire n’ est pas que Michel soit mauvais. Il ne l’ est probablement pas. Il aide régulièrement sa famille. Il paie des billets d’ avion. Il participe aux funérailles. Il finance parfois des études. Il prête de l’ argent qu’ on ne lui rembourse pas toujours.
Mais il existe une différence fondamentale entre aider quelqu’ un à consommer votre réussite et l’ aider à construire la sienne.
Et c’ est précisément là que commence notre paradoxe.
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