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Refuser la case
Ce qui distinguait également Patou Manga était son discours sur l’ identité. Il était profondément lié au Cameroun. Il ne cherchait pas à effacer son origine. Mais il refusait que celle-ci devienne une frontière esthétique. Dans une interview de 2014, il résumait son ambition en quelques mots: « Je refuse qu’ on m’ enferme dans une catégorie. » Cette phrase prend aujourd’ hui une résonance particulière.
Flashmag! Issue 176 September 2026
Pendant longtemps, un créateur africain présent dans les capitales occidentales de la mode était presque systématiquement interrogé d’ abord sur son « africanité ». On attendait parfois de lui des imprimés identifiables, des motifs considérés comme traditionnels ou une esthétique immédiatement reconnaissable comme africaine. Patou Manga proposait autre chose.
Il voulait avoir le droit à la même liberté que n’ importe quel designer: emprunter, mélanger, épurer, inventer et surtout changer. Son objectif n’ était donc pas d’ abandonner l’ Afrique pour Paris. Il voulait prouver que Paris, Douala, Londres ou Amsterdam pouvaient appartenir au même vocabulaire créatif.
Les podiums et la reconnaissance
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Au début des années 2010, PatouStyle prend de l’ ampleur. Sa première collection est notamment présentée au Palais des congrès de Montreuil. Puis viennent des événements qui donnent à la marque davantage de visibilité. En 2013, Patou Manga présente PatouStyle à la Black Fashion Week Paris, au Pavillon Cambon. L’ année suivante, sa présence continue d’ être remarquée dans l’ écosystème des événements consacrés aux créateurs africains et diasporiques. En août 2014, il figure également parmi les créateurs annoncés à la première Africa Fashion Week Amsterdam, au World Fashion Centre. L’ événement réunit des designers venus de différents horizons devant un public international. La mode rapproche en parallèle Patou Manga du monde du spectacle. Les articles consacrés à son parcours mentionnent ses rencontres et collaborations