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Son ambition n’ était pas seulement d’ être reconnu comme un « créateur africain ». Il voulait être reconnu comme styliste, tout simplement— avec la même liberté de création que n’ importe quel designer de Paris, Londres, Milan ou New York. Patou revendiquait ses racines sans vouloir qu’ elles deviennent une cage. Cette philosophie allait devenir le cœur de PatouStyle.
Avant PatouStyle, il y avait Patrice Patou Manga s’ appelait Patrice Manga.
Originaire de Douala, il grandit dans un environnement où deux passions allaient marquer sa vie: le football et l’ élégance. Le football fut d’ abord le grand rêve. Les récits consacrés à sa jeunesse évoquent notamment le quartier d’ Akwa, le collège Alfred Saker de Deido et son passage dans l’ environnement de clubs camerounais tels que Caïman de Douala et le Tonnerre de Yaoundé. À cette époque, Patrice ne se voyait pas encore derrière une collection de vêtements: il imaginait plutôt une carrière sur les terrains. Mais l’ autre influence était déjà là. Sa mère. Dans un entretien publié en 2014, Patou Manga se souvenait de l’ attention qu’ elle portait à la manière de s’ habiller et d’ habiller ses enfants, notamment lorsqu’ il fallait se rendre à l’ église le dimanche. Ce goût de la présentation, du vêtement propre, de la silhouette composée et du détail élégant semble avoir constitué sa première véritable école de style. Son sens de l’ élégance n’ était donc pas né dans les vitrines parisiennes. Il avait commencé dans la vie quotidienne. Dans l’ observation. Dans cette idée très simple que la manière dont un homme se présente au monde dit déjà quelque chose de lui. Vers le milieu des années 1990, 94-95, Patrice quitte le Cameroun pour la France. Il poursuit encore le football. Selon le témoignage ultérieur de son épouse, c’ est même le ballon rond qui l’ amène en France, où il évolue notamment à Créteil avant de comprendre que sa trajectoire sportive ne prend pas la direction qu’ il espérait. Alors, il se réinvente.
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Flashmag! Edition 176 Septembre 2026