Flashmag! Issue 174 July 2026 - Flashmag! Numero 174 Juillet 2026 | Page 32

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empire en ruine financière. Dix-sept ans plus tard, cette même succession a généré, selon plusieurs estimations, jusqu’ à 3,5 milliards de dollars de revenus cumulés. La recette? Une comédie musicale primée à Broadway, deux spectacles du Cirque du Soleil— dont Michael Jackson ONE, qui se joue sans interruption à Las Vegas depuis 2013 et dont la résidence a déjà été prolongée jusqu’ en 2030, une longévité rarissime dans une ville où la plupart des spectacles s’ essoufflent en quelques saisons—, des rééditions d’ albums, et, bien sûr, le biopic de 2026.
Flashmag! Issue 174 July 2026
Sur Spotify, Michael Jackson dépasse aujourd’ hui les soixante millions d’ auditeurs mensuels. Au premier semestre 2026, il a déjà vendu davantage d’ albums que sur l’ ensemble de l’ année 2025. Le magazine Showbiz411 a résumé la situation avec une formule qui sonne presque comme une épitaphe ironique: « Aucun procès, aucun scandale ne semble pouvoir l’ arrêter. »
Reste une question, posée sans relâche depuis dix-sept ans par les critiques culturels, les journalistes musicaux et, plus récemment, par les producteurs euxmêmes du biopic Michael: peut-on séparer l’ artiste de l’ homme? Le film, dont le récit s’ arrête volontairement à la fin des années 1980, avant l’ irruption des premières accusations, a d’ ailleurs été critiqué pour cette ellipse soigneusement calculée— un choix éditorial qui, pour certains observateurs, en dit long sur l’ incapacité de la succession elle-même à affronter de front l’ héritage le plus douloureux de la star.
La génération qui n’ a jamais connu sa voix qu’ en souvenir

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Il y a quelque chose de presque vertigineux à observer, en 2026, des adolescents qui n’ étaient pas nés en 2009 reprendre le moonwalk sur les réseaux sociaux, ou fredonner Don’ t Stop‘ Til You Get Enough sans connaître le moindre détail biographique de son interprète. Pour cette génération, Michael Jackson n’ est ni un scandale ni une icône des années 1980: c’ est un son, une silhouette, un battement de pieds reconnaissable entre mille. Un éditorialiste américain, qui se trouvait être le seul rédacteur noir de sa rédaction au moment de la mort de Jackson en 2009, a raconté avoir pris une journée de congé pour suivre les funérailles, par besoin de « faire son deuil en paix », dans un climat où il était déjà tabou d’ aimer Michael Jackson ouvertement