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Ses premières armes cinématographiques, il les forge dans l’ ombre. Il débute comme stagiaire et assistant sur une série de documentaires produits par le ministère de l’ Information et de la Culture du Cameroun, puis travaille comme premier assistant sur Chocolat de Claire Denis( 1987). Cette expérience aux côtés d’ une cinéaste française filmant l’ Afrique coloniale depuis un point de vue extérieur ne fait que renforcer sa conviction: il faut que l’ Afrique se raconte elle-même.
La vocation: « Le cinéaste a une obligation d’ engagement »
Lorsqu’ on lui demande pourquoi il a choisi le cinéma, Bassek Ba Kobhio parle d’ une rencontre décisive avec le grand cinéaste sénégalais Sembène Ousmane.
« En matière de films, Le Mandat de Sembène Ousmane, Le pont sur la rivière Kwaï, Le train sifflera trois fois, et L’ Éternel retour sont parmi les premiers films que j’ ai vus, et qui m’ ont décidé à chercher ce métier. Mais plus que tout, l’ écrivain et cinéaste Sembène Ousmane, à qui j’ avais toujours rêvé de ressembler, est celui qui m’ a emmené véritablement dans le cinéma. »
Ce modèle tutélaire dit tout de son ambition. Pour lui, faire du cinéma en Afrique ne peut pas être un acte anodin. « Je m’ attribue un rôle éminemment social, fortement politique, mais aussi distractif. Si ailleurs le rôle premier du cinéaste est de distraire, rôle qui est tout de même aussi le nôtre, la situation de l’ Afrique est telle que le cinéaste a une obligation d’ engagement, au sens où l’ entendait Jean-Paul Sartre, c’ est-à-dire une obligation de s’ interroger et d’ éclairer les autres. » Il revient avec nostalgie sur ses débuts, sans fausse modestie mais avec une lucidité qui lui est propre: « Je garde de mes premiers pas le souvenir d’ un jeune qui a eu de la chance, qui a rêvé de faire du cinéma et qui l’ a effectivement fait. N’ ayant pas bénéficié de bourse universitaire pour me former en cinéma, venant de la sociologie et de la littérature, j’ ai été veinard et j’ avais peut-être plus d’ atouts que d’ autres pour réussir dans ce métier. »
Bassek Ba Kobhio
Flashmag! Edition 173 Juin 2026
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