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Quand l’ idéologie se déguise en économie
Les économistes le répètent depuis des décennies: l’ immigration est globalement bénéfique à l’ économie américaine. Elle stimule la croissance, rajeunit une population vieillissante, comble les pénuries de main-d’ œuvre, contribue aux finances publiques. Sans elle, des secteurs entiers s’ effondreraient: agriculture, construction, restauration, services à la personne. Les chiffres sont là, documentés, vérifiés, republiés. Et pourtant, ils ne pèsent rien face au discours dominant. Pourquoi? Parce que le rejet de l’ immigration ne repose pas sur une analyse économique. Il repose sur une peur idéologique: la peur du déclassement, de la perte de statut, du partage d’ un espace longtemps réservé à certains. Une peur si profonde qu’ elle transforme les victimes en coupables et les faits en opinion.
Une vieille tentation américaine
Ce réflexe n’ a rien de nouveau. Le ségrégationnisme racial d’ hier et l’ isolationnisme politique à différentes époques reposaient sur la même promesse: protéger les « nôtres » pour préserver la prospérité. L’ histoire a rendu son verdict: cette promesse n’ a jamais tenu. Les États-Unis ont prospéré quand ils étaient ouverts. L’ immigration massive de la fin du XIXᵉ siècle a construit l’ industrie américaine. La coopération internationale après 1945 a créé des décennies de croissance. Les échanges mondialisés ont propulsé l’ économie de la connaissance. Le repli, lui, n’ a jamais enrichi durablement. Il a surtout nourri la peur et la division
Flashmag! Edition 169 Fevrier 2026
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