Flashmag Digizine Edition Issue 174 January 2020 | Page 79

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Nous parlerons ainsi de facteurs endogènes ou biologiques, tandis que dans un second volet il est important de souligner, l’impact des facteurs exogènes à savoir l’influence du milieu dans lequel évolue le jeune. Ce dernier, le temps de cet exposé des faits, n’est pas moins déterminant.

Facteurs biologiques

La recherche sur les causes biologiques de la violence des jeunes est principalement portée sur toute une gamme d’études sur les influences génétiques. Ces études prouvent clairement que la proportion des jeunes criminels est plus élevée parmi les garçons dont les parents biologiques étaient ou sont des criminels (Lytton, 1990). Ceci est un fait révélateur quand on sait que les Etats-Unis par exemple dans l’historique, ont connu dès le départ une forte présence de criminels sur leur sol. Comme ces renégats qui furent jadis bannis d’Europe, et envoyés en colonies de peuplement en Amérique, tout comme l’histoire de l’esclavage dont la violence criminelle ne reste plus à démontrer. Le lien entre les actes criminels commis aux Etats-Unis, de nos jours suit en filigrane, ce constat réel, surtout lorsque l’on prend en considération le brassage de la population et la transmission héréditaire de certains gènes qui tendrait à confirmer les thèses sur la violence filiale ou héréditaire.

Le genre jouerait un rôle prépondérant dans la violence. Aussi, Le fait bien étayé selon lequel les hommes sont plus susceptibles d'être agressifs que les femmes est en général attribué à des niveaux plus élevés de testostérone et à la présence du chromosome Y. Les recherches sur la manifestation de l'agression chez les hommes présentant un chromosome Y supplémentaire (XYY) ont permis de constater des niveaux plus élevés de condamnations pour actes criminels, parmi ce groupe d’individus, que parmi les hommes présentant un seul chromosome Y (Crowell, 1987), bien que les conclusions de ces études aient été contestées par d’autres chercheurs tels (Mednick, Moffitt, Gabrielli et Hutchings, 1986). Elles restent à tout le moins très révélatrices.

Chez les filles, cependant l'instauration précoce des règles, a été liée à des taux plus élevés de comportements antisociaux. (Caspi et Moffitt, 1991; Magnusson, Stattin et Allen, 1986). Toutefois, la délinquance observée chez les filles aux menstruations précoces, semblerait survenir uniquement lorsqu'elles fréquentent des filles plus âgées qu'elles (Loeber, 1991). Il s’agirait dans ce cas-là d’un facteur biologique qui se combinerait à un facteur exogène ou externe, pour aboutir à la violence… l’affirmation de la personnalité et de l’ego jouerait pareillement un rôle déterminant.

Néanmoins, bien que les facteurs de causalité spécifiques demeurent inconnus, il semble que la violence ait un fondement biologique lié aux différences entre les sexes, même si l'on fait abstraction des effets attribuables aux pratiques de socialisation propres aux filles et aux garçons (Eme, 1979).

Hormis ces caractéristiques héréditaires et génétiques, des déficiences biologiques acquises de manière indirectes peuvent également influencer le comportement de l'enfant. Même avant la naissance, des facteurs défavorables peuvent agir sur le fœtus et prédisposer l'enfant à naître à l'impulsivité, à l'hyperactivité et à l'agressivité. On cite ainsi, le tabagisme, la consommation de l’alcool, et de tout autre stupéfiant tout comme l’exposition aux substances telles que le plomb par la femme enceinte. Ceci à la longue entraine un dysfonctionnement né de l’absence d'éléments nutritifs essentiels, durant les périodes critiques du développement du fœtus ou du nouveau-né. Cette exposition prénatale ou postnatale à des substances toxiques entraîne des déficits minimes ou graves sur le plan cognitif et sur celui du comportement. Ces déficits peuvent entraîner de nombreuses conséquences, comme un manque de coordination motrice, une faible intelligence, l'hyperactivité, des troubles du langage, l'impulsivité, des problèmes de maîtrise de soi, une faible tolérance à la frustration, des déficiences sur le plan du traitement de l'information sociale et des difficultés d'apprentissage. On sait que ces caractéristiques constituent des indices de l'agressivité chez les enfants.

Terrie Moffitt, dans sa théorie du développement du crime parut en (1993) démontrait que des anormalités neurologiques précoces, entraînant des déficiences verbales, pouvaient susciter l'apparition de l'agression, d'une conduite antisociale et de troubles du comportement.

Elle affirmait : « On sait bien sûr que les enfants qui présentent des déficiences verbales font davantage appel à des modes physiques d’expression ; ils frappent au lieu de discuter » (Moffitt, 1993, p. 137). Comme on peut le voir, un problème neurologique relativement mineur qui aboutit à une déficience verbale peut faire tomber un

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